Les films de la semaine : vie secrète de Mussolini, capitalisme et sexisme (Video)
Le destin tragique de la maîtresse cachée de Mussolini relaté dans "Vincere" de l'Italien Marco Bellocchio, les ressorts d'un capitalisme financier racontés par Michael Moore dans le désopilant "Capitalism : A love story" ou encore les dessous de la "Domination maculine" sont découvrir dans les salles obscures cette semaine.
- "Capitalism : A love story" documentaire de Michael Moore (Etats-Unis, 2H06). "Le capitalisme, c'est le mal et l'on ne réforme pas le mal, on l'éradique pour le remplacer par le bien pour tous : la démocratie", affirme Michael Moore avec son dernier brûlot sur la crise économique aux Etats-Unis.
Vingt ans après avoir filmé les ravages causés dans sa ville de Flint par des licenciements massifs chez General Motors dans "Roger et moi", Moore constate que "bien des villes aux Etats-Unis" sont aussi mal en point. Enfants en larmes à la rue ou forcés de dormir dans un camion avec leurs parents, familles ou retraités ruinés émaillent "Capitalism: a love story". Car la crise actuelle frappe de plein fouet les Américains modestes dont cet "activiste politique", s'est fait le porte-parole. Elle est liée, dit le film, à la collusion entre les grandes banques d'affaires et l'administration de l'ex-président George W. Bush, mais aussi à un travail de sape antérieur nommé "dérégulation", qui a permis à Wall Street de se transformer en "vrai casino où l'on peut parier sur n'importe quoi". Maniant habilement, comme à son habitude, interviews sauvages, images choc, ironie dévastatrice et commentaires à l'emporte-pièce, Michael Moore illustre les excès du capitalisme à l'américaine.
- "Samson et Delilah" de Warwick Thornton (Australie, 1H41) avec Rowan McNamara et Marisa Gibson. Couvert de prix en Australie, ce long métrage du réalisateur aborigène Warwick Thornton a pour héros un garçon qui passe ses journées à sniffer du pétrole et une jeune fille qui prend soin de sa grand-mère malade. Avec délicatesse, il suit les lents et timides prémices de l'amour entre ces deux adolescents, dans une communauté aborigène isolée au milieu du désert australien. Tourné avec un petit budget au sein d'une communauté aborigène proche d'Alice Springs, "Samson et Delilah" aborde de front les problèmes endémiques, violence, pauvreté et consommation de drogues, qui touchent celles-ci. Ce film émouvant a remporté la Caméra d'or, qui distingue le meilleur premier film, au Festival de Cannes 2009.
- "Une affaire d'état" d'Eric Vallette (France, 1H39) avec Rachida Brakni, André Dussollier, Thierry Frémont. Un avion chargé d'armes explose au dessus du Golfe de Guinée. Une "escort girl" est assassinée dans un parking parisien. Plusieurs milliers de kilomètres séparent ces deux événements et pourtant, Nora Chahyd, inspectrice aux méthodes musclées, enquête sur le meurtre et bouscule sa hiérarchie. Victor Bornand, officieux Monsieur Afrique du gouvernement, tente d'étouffer la crise politique déclenchée par l'explosion.
- "Vincere" de Marco Bellocchio (Italie, 2H02) avec Giovanna Mezzogiorno, Filippo Timi. Ce film relate un épisode méconnu de la vie de Mussolini, sa liaison avec une jeune femme de bonne famille, Ida Dalser, qui donnera un fils bâtard au leader fasciste avant d'être bannie par lui et de sombrer dans la folie. En compétition au dernier Festival de Cannes, le film de l'Italien Marco Bellocchio ("Le metteur en scène de mariages", "Le sourire de ma mère") est porté par la remarquable interprétation de Giovanna Mezzogiorno. Celle-ci prête ses traits à la maîtresse cachée du Duce, qui l'aima toute sa vie d'un amour absolu mais paya cet attachement d'un prix démesuré : rejetée par le Duce elle termina sa vie, avec son fils, dans un asile d'aliénés.
- "La domination masculine" documentaire de Patric Jean (France, 1H43). En avoir ou pas ? Malgré les progrès accomplis en quelques décennies par les femmes sur le long chemin de l'égalité avec les hommes, posséder un phallus confère toujours une position dominante dans tous les domaines, démontre ce documentaire. Le sexe est défini par les organes génitaux, qui impriment un certain nombre de différences. A partir de là "toutes les cultures contraignent les sexes dans des rôles qui paraissent tellement aller de soi que nous les avons naturalisés". Démonstration avec ce documentaire de Patric Jean, dont il ressort qu'en matière d'(in)égalité hommes-femmes, tout est "dans la tête".
- "Le vilain" d'Albert Dupontel (France, 1H26) avec Catherine Frot, Albert Dupontel, Bouli Lanners. Un braqueur de banques retourne, après vingt ans d'absence, se cacher chez sa mère. Cette dernière découvre à cette occasion la vraie nature de son fils et décide de le remettre dans le "droit chemin".
- "Bienvenue à Zombieland" de Greg Mooradian (Etats-Unis, 1H20, titre original : "Zombieland") avec Woody Harrelson, Jesse Eisenberg. Dans un monde infesté de zombies, deux hommes tentent de survivre. Columbus, le plus jeune, est terrorisé à l'idée d'être dévoré. Tallahassee, lui, est un chasseur de zombies qui ne craint plus rien ni personne.
- "Le drôle de Noël de Scrooge" de Robert Zemeckis (Etats-Unis, 1H40, titre original : "A Christmas carol") avec Jim Carrey, Gary Oldman, Colin Firth. Parmi tous les marchands de Londres, Ebenezer Scrooge est connu comme l'un des plus riches et des plus avares. Ce vieillard solitaire et insensible vit dans l'obsession de ses livres de comptes. De tous les jours de l'année, celui que Scrooge déteste le plus est Noël. L'idée d'offrir des cadeaux va à l'encontre de ses principes.
- "Vil romance" de José Campusano (Argentine, 1H50, Interdit aux moins de 12 ans) avec Nehuen Zapata, Oscar Genova, Javier de la Vega, Marisa Pajaro. Roberto vit avec sa mère et sa soeur dans la banlieue de Buenos Aires. Il passe ses journées à traîner dans son quartier et rencontre Raul, un homme peu bavard, bien plus âgé, qui l'invite chez lui. Une orageuse liaison se développe entre les deux hommes, car Raul est très violent. Scènes de sexe trash tournées façon home vidéo et déferlement de violence finale marquent un film que l'on "peut ne pas voir" selon la formule consacrée par un hebdomadaire satirique.
- "Hadewijch" de Bruno Dumont (France, 1H45) avec Julie Sokolowski, Yassine Salim, Karl Sarafidis. Choquée par la foi extatique et aveugle d'une novice, la mère supérieure la met à la porte du couvent. Hadewijch redevient Céline, jeune parisienne et fille de diplomate. Sa passion amoureuse pour Dieu, sa rage et sa rencontre avec Khaled et Nassir l'entraînent entre grâce et folie sur des chemins dangereux.
- "Noise" d'Henry Bean (Etats-Unis) avec Tim Robbins, Bridget Moynahan. Avocat new-yorkais, David Owen ne supporte plus le vacarme incessant de la ville et surtout les alarmes de voitures qui se déclenchent jour et nuit. Décidé à en finir avec ce "terrorisme" sonore, il se déguise en justicier masqué et signe ses méfaits du nom du "Rectificateur". Mais ses activités de redresseur de torts risquent de détruire sa famille et son travail.
- "Himalaya, le chemin du ciel" documentaire de Marianne Chaud (France, 1H05). Un voyage dans la région habitée la plus élevée de l'Himalaya. Une vallée perdue à 4.000 mètres d'altitude dominée par le monastère de Phuktal, dans la région du Zanskar. Le spectateur est plongé dans la vie quotidienne de cette communauté bouddhiste.
- "Hors du temps" de Robert Schwentke (Etats-Unis, 1H50, titre original "The time traveler's wife") avec Rachel McAdams, Eric Bana. Claire aime Henry depuis toujours. Mais celui-ci souffre d'une anomalie génétique très rare qui l'oblige à vivre selon une temporalité différente de la nôtre. Henry va et vient à travers les années, sans le moindre contrôle sur ce phénomène.




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